« Nous avons encore des années devant nous avant de penser à la vente de Vall Banc »

Vall Banc Richard Carrion wealth management

Le Diari d'Andorra publie aujourd'hui une interview du président du conseil d'administration de Vall Banc, Richard Carrión, dans laquelle il parle du secteur, de l'avenir de l'entité et des changements que nous sommes sur le point de réaliser.

Finances et sport. Né à Puerto Rico en 1952, Richard Carrión se consacre au secteur bancaire depuis plus de 40 ans au plus haut niveau et est membre du Comité international olympique depuis 30 ans. Membre de JC Flowers (JCF), il est le président, le deuxième, de Vall Banc depuis 2017.

Qu’est-ce qui a attiré JFC d’un marché aussi petit que l’Andorre ?

Nous cherchons des opportunités d’affaires dans le monde entier, en Amérique, en Asie, en Europe, et l’Andorre s’est révélée comme l’une d’entre elles.

Était-ce à quoi vous vous attendiez ? Êtes-vous toujours intéressé ?

Oui, mais pour être franc, cela a été un peu plus compliqué que ce que nous pensions, bien que nous soyons actuellement très satisfaits.

Plus compliqué, pourquoi ?

En raison de plusieurs problèmes tels que le gel de la rente variable au Crédit Suisse ayant beaucoup de répercussion sur les clients. Et il a été également dur de consolider une équipe de gestion compte tenu de changements en matière de direction qui nous ont fait perdre du temps. Ceci dit, à présent, nous disposons d’une bonne équipe qui peut nous mener au niveau supérieur.

75 000 habitants, cinq entités financières et la fin du secret bancaire : L’Andorre est une plaque tournante d’accès au marché européen comme cela a été le cas avec l’achat d’Argenta Patrimonios ?

Nous croyons que c’est le cas et c’est pourquoi nous l’avons fait. À la fois, l’Andorre traverse une phase de transition dans laquelle la capacité de gérer du patrimoine sera de plus en plus importante.

Vall Banc est l’héritière de la BPA, une banque qui a été intervenue suite à des plaintes de la FinCEN. Quelle image ont les États-Unis de l’Andorre en tant que marché financier six ans après ?

Ni bonne ni mauvaise, car aux États-Unis, ce qu’il y a, c’est un grand manque d’informations. Peu de personnes avec qui je parle connaissent l’Andorre en tant que marché financier. Seulement si vous en parlez à des personnes très spécialisées dans ce domaine, elles peuvent en savoir quelque chose, mais en général, ce pays est en général totalement méconnu.

Et Vall Banc, est-elle connue ?

Très peu.

La stigmatisation de BPA a définitivement disparu à l’intérieur et en dehors de l’Andorre ?

Je crois, oui. Nous avons doté la banque d’une nouvelle personnalité, d’un nouveau nom, et nous nous sommes efforcés de nous doter dans le domaine humain et technologique en termes de personnel et d’outils, ce qui a doté l’entité d’un caractère très différent.

Le bénéfice récurrent de l’année 2020 a été de 1,7 millions d’euros, et le remboursement anticipé de la plateforme technologique a laissé un résultat négatif de 16 millions. JCF en est-elle satisfaite ?

Personne n’est totalement satisfait. Par contre, si nous nous en tenons au plan des trois années que nous avons tracé, nous le sommes. Ceci n’est pas ce qui nous inquiète ; notre inquiétude est d’augmenter le nombre de clients, de disposer de la technologie la plus avancée dans tous les domaines et d’offrir le meilleur service possible.

Récupérer la confiance des clients et en attirer davantage était un objectif prioritaire de l’entité. A-t-il été atteint ?

Nous y sommes parvenus dans le sens où la diminution du nombre d’affectés par le gel au Crédit Suisse a été réduite, et nous disposons à présent d’une technologie de pointe pour gérer les clients et les patrimoines qui n’existe nulle part ailleurs en Andorre afin d’en attirer de nouveaux.

‘Wealth management’ et numérisation sont l’offre de Vall Banc afin de grandir et d’améliorer les bénéfices. Où réside l’avantage compétitif vis-à-vis des autres entités ?

Tout le monde part dans cette direction, mais il y des produits meilleurs que d’autres. Nous disposons des outils les plus compétitifs avec les plateformes Aladdin et Iris qui nous permettront de proposer les meilleurs produits s’adaptant le mieux aux besoins de chaque personne au long de sa vie. Pour nous, la numérisation a autant d’importance que la relation avec le client.

Même dans un marché très stagnant ?

Oui, et nous continuerons à chercher des opportunités de croissance. Le secteur du Wealth management se consolidera progressivement d’une manière inévitable dans le monde entier, car il y aura de plus en plus de réglementation impliquant des coûts plus élevés qui devront être répartis parmi un grand univers de clients.

Vers où doit aller la banque andorrane pour survivre face à une globalisation inexorable ?

L’avenir passe par l’augmentation significative du niveau de gestion de patrimoines. Nous sommes en concurrence avec beaucoup d’autres marchés financiers de plus grande taille et il faut nous axer sur des marchés particuliers. La proximité et la fluidité des relations avec les personnes d’Espagne et de France aide énormément, et ces deux pays sont les marchés les plus logiques vers où diriger notre expansion.

L’entrée au FMI est la caution qui manquait à l’Andorre afin de consolider le marché financier ?

Pour des raisons de réputation et parce que cela donne une sécurité supplémentaire à partir du moment où il serait disposé à intervenir en cas de problème.

La manière de faire de la banque telle que nous la connaissons a-t-elle disparu ? Quel sera le nouveau modèle d’affaire ?

Elle changera, mais la fonction bancaire demeurera la même qu’elle a été au fil des siècles. La manière dont la révolution s’intègrera aux communications et à la numérisation est ce qu’il va falloir surveiller. Trois aspects. La partie des paiements changera, la manière par laquelle ils s’effectuent et qui les contrôlera, et il n’est pas évident qu’il s’agisse du secteur bancaire. Le domaine des prêts également. Nous assistons à une augmentation des FinTechs consacrées à la concession de prêts dans le cadre individuel et à de petites entreprises, qui ne sont pas actuellement rentables mais qui le deviendront. Et le téléphone mobile, qui est déjà indispensable, sera l’outil principal dans le secteur bancaire et des services financiers. Nous nous rendrons compte de l’ampleur des changements non pas année par année, mais plutôt lorsque nous les comparerons dans dix ans.

JCF EST une ‘private equity’, quand vous attendez-vous à ce qu’arrive ‘le moment idéal’ pour vendre Vall Banc ?

Cela dépend des cas. La période que nous prenons chez JCF pour mûrir les investissements est de trois à cinq ans, mais, par exemple, jusqu’à il y a peu de temps, nous disposions d’une banque en Hollande que nous avons conservée pendant quinze ans. En ce qui concerne Vall Banc, il nous reste quelques années pour penser à la vendre, car nous n’avons pas mené l’entité là où nous le souhaitions et nous croyons qu’elle a la capacité de parvenir.

Avez-vous reçu des offres pour la banque ?

Oui, très souvent des offres nous parviennent de groupes que nous ne connaissons pas, mais nous en avons reçu des sérieuses dans le passé.

En avez-vous reçu une provenant d’une banque du pays ?

Nous avons discuté avec des banques andorranes et des discussions avancées ont eu lieu, mais il n’a pas été possible de conclure un accord en raison du prix, évidemment, et parce que nous avons décidé de suivre notre chemin en disposant d’une équipe humaine et d’un bon plan.

 

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